.Le Gouvernement du Tchad a
négocié avec un consortium de compagnies pétrolières constitué de
Esso, Chevron et Pétronas, un accord d'exploitation de trois gisements
de pétrole dans le bassin de Doba. Dans le cadre de cet accord,
le consortium assure, en association avec l'Etat, la production,
le transport et la vente sur le marché mondial, de près d’un milliard
de barils de pétrole. La phase de développement du champ de
production et la construction de l'oléoduc d'une longueur de 1070
km reliant le champ de production au terminal pétrolier de Kribi
au Cameroun sont terminés. L'inauguration officielle de la mise
en exploitation des gisements a eu lieu à Komé le 10 Octobre,
2003. Le pompage du pétrole a débuté et les premières exportations
du pétrole ont commencé dans le courant du quatrème trimestre de
l'année 2003.
Les activités de construction
de l'oléoduc et de développement du champ pétrolifère ont été conduites
dans le cadre du projet de développement du secteur pétrolier financé
par le consortium des compagnies pétrolières, le groupe de la Banque
Mondiale et la Banque Européenne d'Investissement. Pour une description
détaillée du projet, visiter le site du projet à la Banque Mondiale où sont disponibles
pour téléchargement les documents y relatifs. Les
activités de construction de l'oléoduc et des infrastructures d'extraction
du pétrole sont présentées sur le site EssoChad.com.
Parallèlement aux activités
de construction de l'oléoduc et de développement du champ pétrolifère,
deux projets complémentaires de renforcement des capacités du gouvernement
dans la gestion de l'environnement et la conduite des actiités de
développement du secteur pétrolier (Projet de Développement du
Secteur Pétrolier ) et dans l'utilisation efficicace des revenus
provenant de l'exportation du pétrole (Projet de Gestion de l'Economie
à l'Ere Pétrolière) ont été mis en place sur financement de
l'Association Internationale de Développement (IDA). Ce site
est consacré au projet de renforcement des capacités pour la gestion
de l'économie à l'ère pétrolière coordonné par la Cellule Economique.
Justification
du Projet
L’expérience
des pays exportateurs de produits pétroliers et miniers montre que
la mauvaise gestion de la manne pétrolière entraîne souvent des
distorsions, du gaspillage et des tensions sociales. Des dépenses excessives par rapport à la capacité d’absorption
de l’économie risquent de créer des distorsions dans les prix relatifs,
d’accroître le taux de change réel et de réduire la compétitivité.
Dans le contexte spécifique du Tchad, l'injection brutale des recettes
pétrolières pourrait dépasser la capacité de l’État à gérer efficacement
les dépenses publiques, avec le risque d’accroître les dysfonctionnements
et le gaspillage des ressources. L’expérience
des autres pays révèle qu'une injection massive des recettes pétrolières
dans les banques primaires a entraîné une politique de crédit
trop libérale et compromis la viabilité du secteur financier. Aussi,
les recettes pétrolières dont on ne peut pas cacher l'existence sont
politiquement délicates à manier. La gestion non transparente, inefficace
ou inéquitable des recettes pourrait accroître les tensions sociales.
Les risques sont particulièrement importants dans le cas du Tchad
compte tenu de la jeunesse de ses institutions démocratiques, de
la faiblesse de ses institutions et de ses capacités de gestion
économiques, et des tensions sociales que le pays a connu depuis
l'indépendance.
Le
projet de renforcement des capacités de Gestion de l'Economie à
l'Ere Pétrolière a été conçu et mis en place pour faire face à ces
défis. Le Gouvernement a mis en place dans ce cadre, un certain
nombre de mesures dont les plus importantes sont: la Déclaration
de politique sur la gestion des recettes pétrolières qui fournit
un cadre stratégique cohérent pour la gestion des ressources pétrolières
et la Loi sur la gestion des recettes pétrolières approuvée
par le Parlement le 30 décembre 1998.
Ces
mesures reflètent la détermination du Gouvernement à éviter
les avatars auxquels les autres pays exportateurs de pétrole ont
été confronté et à appliquer un nouveau paradigme à la gestion
des recettes pétrolières. Les clauses exceptionnellement contraignantes
de la loi sur la gestion des recettes pétrolières ont pour but de
limiter la possibilité pour les futurs gouvernements de remettre
en question la décision de gérer les recettes pétrolières de façon
efficace et transparente aux fins de réduction de la pauvreté. Les principales orientations de la stratégie du Tchad portant
gestion des revenus pétroliers sont les suivantes :
i. Comptabilité et affectation transparentes des
recettes dans le cadre d’un budget global, en indiquant la répartition
des recettes pétrolières entre l’épargne, les dépenses prioritaires
pour la lutte contre la pauvreté et les autres dépenses publiques.
ii. Concentration
des recettes pétrolières sur la lutte contre la pauvreté. La plus
grande partie des recettes pétrolières serviront à accroître les
dépenses dans les secteurs de la santé, de l’éducation, du développement
rural et de l’infrastructure de base. Les dépenses de développement
financées par les recettes pétrolières seront additionnelles aux
dépenses budgétaires de l’année précédant les premières exportations
pétrolières.
iii. Engagement
des dépenses publiques sur la base de stratégies sectorielles et
de programmes de dépenses valables, appuyé par une conception et
une mise en œuvre rigoureusement participatives.
iv. Contrôles
financiers rigoureux et responsabilisation des préposés.
v. Suivi
étroit et détaillé des indicateurs de développement et de pauvreté
pour étayer une stratégie participative de lutte contre la pauvreté,
affecter les ressources et évaluer l’impact des dépenses.
vi. Réforme
de l’administration publique, y compris renforcement de la programmation,
de l’exécution et du contrôle budgétaires, et mise en place de moyens
durables de gestion économique et financière.
vii.
Surveillance, contrôle et transparence des finances publiques, avec
l’établissement d’une Chambre des Comptes et d’un Collège indépendant
de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières (CCSRP)
auquel participe la société civile, ainsi que la diffusion d’informations
publiques sur les mesures prises, les recettes et leur utilisation.
Pour
faire face aux capacités limitées de ses ressources humaines,
le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures institutionnelles parmi
lesquelles:
¨ La création
en 1997 d'un Secrétariat national pour le renforcement des capacités
(SENAREC). Une stratégie nationale de renforcement des capacités
a été examinée et approuvée lors d’une Table ronde organisée en
octobre 1998.
¨ La consolidation,
en 1998 des structures de suivi du programme d’ajustement dans
une Cellule Economique rattachée dans un premier temps à la Présidence
de la République.
¨ La consolidation
de toutes les activités liées au développement du Projet Pétrole
de Doba dans une structure de Coordination Nationale rattachée
dans un premier temps à la Présidence de la République.
¨ La création,
en 1999, d'une Cellule technique chargée de la mise en œuvre
de la reforme de l’administration publique (CESRAP), un groupe consultatif
réunissant des hauts fonctionnaires et ayant pour mandat de
coordonner la mise en œuvre d’une stratégie globale de mise en place
de la réforme de la fonction publique adoptée par le Gouvernement
en 1998 à l’issue d’un vaste effort participatif.
¨ La création, en 1999,
d'une Cour Suprême qui comprend une Chambre des Comptes.
¨ L'adoption,
par le Parlement en juillet 1999, de deux textes portant sur
le statut des collectivités territoriales décentralisées et sur
le régime électoral et la création des régions.
¨ L'élargissement
du champ d’action du Haut comité interministériel chargé de
l’ajustement pour jouer un rôle de premier plan dans les orientations
relatives à toutes les activités de développement, notamment celles
qui concernent le projet de Doba et les opérations connexes de renforcement
des capacités